Les mots sont des fenêtres, de Marshall Rosenberg : 7 outils précieux pour mieux communiquer

Découvrez « Les mots sont des fenêtres », de Marshall Rosenberg, et apprenez comment la communication non violente peut bousculer votre façon d’interagir avec les autres.
Cet article est écrit par une invitée, Melissa.
 A travers son blog Rêve, crée et transmets, elle propose des outils pour mieux communiquer avec le monde qui vous entoure.

Quand on pense à la Communication Non Violente (CNV), on se dit que c’est le monde des « bisounours », et c’est tout le contraire. C’est une danse, un dialogue qui se construit entre deux personnes. « Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs) » de Marshall Rosenberg, le fondateur de la communication non violente va littéralement transformer ta vision de la communication.

Voici les 7 points clefs de ce livre qui fourmille d’outils précieux et de témoignages étonnants sur sa mise en pratique. Quand vos mots deviennent des murs, savez-vous ouvrir des fenêtres ?

Poser des observations plutôt que tes interprétations

 La première découverte, c’est de se rendre compte à quel point notre réflexe premier est d’émettre des jugements sur les situations. Il est rare de poser une observation qui repose uniquement sur des faits. Et ce démarrage fausse tout de suite le dialogue que tu crées entre individus.

Quand tu vois une collègue qui ne te parle pas à la pause café, tu vas dire qu’elle “fait la tête” au lieu de dire qu’elle n’a pas pris la parole. Et ce genre de diagnostics, nous en posons tous les jours sans nous en rendre compte. Et nous distordons ainsi la réalité au lieu de la refléter. Donc, la première notion de la CNV, c’est poser les faits d’une situation sans jugement ou interprétation.

Défi Zen : Reprends une situation qui t’a fortement stimulée de manière négative et énumère les faits sans jugement, ni interprétation. C’est un peu comme jouer au journaliste ou au détective !

Oser nommer tes émotions et l’importance des mots

 Nommer ses émotions est une chose qui peut être mal perçue de nos jours. On l’apparente à un signe de faiblesse. Pour Marshall Rosenberg, exprimer ses émotions est vital pour gagner en authenticité et mettre des mots sur notre réalité intérieure. Pour nous exprimer, nous utilisons parfois des termes généraux qui se limitent à : “je suis heureuse, je suis contente, je suis triste ou je suis en colère”. Et dans cet ouvrage, tu réaliseras qu’il y a une infinité de possibles.

Comme les couleurs de l’arc en ciel, nous avons une multitude d’émotions et de mots. Et ce sont justement ces mots qui possèdent toute leur importance dans le dialogue avec l’autre : de cette façon tu apprendras aussi à gérer tes émotionsLa deuxième notion de CNV, c’est donc de mettre des mots sur tes émotions et tu gagneras en authenticité.

Défi Zen : Amuse-toi à trouver des mots pour décrire ce que tu ressens : je suis émerveillée, excitée, stimulée, pleine d’amour…/ je suis agacée, irritée, choquée, exaspérée… C’est une façon d’élargir ton vocabulaire et de préciser ton ressenti.

Prendre la responsabilité de tes besoins

 Nous confondons parfois besoin et stratégie. Derrière chacune de nos émotions se cache un besoin satisfait ou non satisfait. Oser nommer ses besoins, c’est en prendre la pleine responsabilité. Si l’autre ne fait pas ce que je lui demande pour satisfaire mes besoins, je suis libre de trouver d’autres stratégies pour y répondre.

Cela ne dévalorise pas mon besoin pour autant. Mais je suis pleinement responsable des stratégies que je vais utiliser pour les satisfaire. Troisième notion de CNV : tes émotions sont le reflet d’un besoin satisfait ou non. Et tu es pleinement responsable des stratégies que tu utilises pour les contenter.

Défi Zen : Essaie de trouver tes besoins aux moments les plus précieux. Besoin de sommeil, de douceur, de mouvement, de croissance, de contribution, de partage… Et amuse-toi à trouver plusieurs stratégies différentes pour les nourrir. Tu verras, cela procure tout de suite un sentiment d’infinie liberté.

Apprendre à formuler tes demandes

 Pour créer un dialogue et un échange, la demande est un pont entre deux êtres qui favorise l’échange et le dialogue. Le problème que Marshall a identifié, c’est que la majeure partie du temps, nous formulons des demandes impossibles à contenter. Cela s’explique de deux façons.

La première c’est que les demandes que nous lançons à l’autre ne sont pas assez concrètes, réalistes et réalisables. La deuxième c’est que nous posons des ordres ou “exigences” qui ne peuvent être reçus par notre interlocuteur. Quatrième notion de CNV : formule des demandes dans la bienveillance et l’ouverture en étant le plus concret possible.

Défi Zen : Formule une demande concrète, réaliste et réalisable à une personne de ton entourage. Cela pourrait être à ton amoureux : “est-ce qu’on pourrait aller faire une balade au parc tous les deux un dimanche dans le mois qui vient ?” Vous serez surpris de voir certaines de vos demandes exaucées.

L’empathie ou l’outil pour désamorcer plus d’un conflit

 Au-delà de l’écoute, l’empathie offre une connexion incroyable. L’empathie n’est pas de rentrer dans la plainte de l’autre, ni de le juger/analyser, ni de lui chercher des solutions ou de revenir à son histoire personnelle pour illustrer ses propos. C’est une réelle qualité de présence où l’on est uniquement là pour accueillir les émotions, les besoins de l’autre et les lui refléter.

Le simple fait de poser des mots sur ce que la personne ressent suffit à désamorcer un conflit. Elle renforce le lien et crée un espace où la violence n’a plus raison d’être. Cinquième notion de CNV : offre et muscle ton empathie afin de créer du lien avec les autres.

Défi Zen : Offre 10 minutes de ton temps à une personne de ton entourage. Ecoute-la sans l’interrompre, sans commenter, sans revenir à ton vécu. Pose juste des mots sur ses émotions et ses besoins. Reformule mots pour mots ce que tu entends et observe l’impact que cela crée.
Découvrez « Les mots sont des fenêtres », de Marshall Rosenberg, et apprenez comment la communication non violente peut bousculer votre façon d’interagir avec les autres.
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Percevoir la violence différemment

 Derrière tout acte de violence se cache une réelle souffrance, un besoin insatisfait. Tant que celui-ci n’a pas été entendu, qu’un espace d’écoute ne nous est pas offert, la violence n’a de cesse de grandir. Dès que des mots sont posés sur sa source, la tension s’amenuise.

En changeant ton regard sur la violence, tu es à même de pouvoir entendre la réalité de l’autre et de voir son monde. Sixième notion de CNV : apprends à trouver le besoin caché derrière une violence exprimée et propose ton écoute. Tu verras, des portes s’ouvriront.

Défi Zen : Commence par nommer tes propres colères et cherche le besoin insatisfait derrière. Je suis irritée avec mes enfants parce que j’ai besoin de repos ou de silence. En commençant par toi-même, tu pratiqueras “l’auto-empathie”.

Un outil pour créer des passerelles entre les gens

 Dans son ouvrage, Marshall a réuni plusieurs témoignages qui illustrent bien toute sa pédagogie et ses propos. Que ce soit la femme prise au piège avec un toxicomane ou l’auteur en plein dialogue dans un groupe en plein conflit de guerre, l’empathie offre dans chaque situation un réel pont entre les personnes, favorisant la connexion et le dialogue de cœur à cœur.

Dans ces échanges, chacun est sur un pied d’égalité, chacun a sa place et son espace, celui d’être entendu dans sa réalité, sans être jugé, avec ses émotions, ses besoins et ses demandes. Septième notion de CNV : utilise la communication non violente pour créer des ponts avec les personnes qui t’entourent tout en gardant une intention bienveillante où tes besoins seront aussi précieux que ceux de l’autre.

Défi Zen : Lis des témoignages de gens utilisant la communication non violente dans leur vie pour mesurer si cela a du sens pour toi. Commence par lire ce livre, « Les mots sont des fenêtres », pour découvrir cet univers.

Quelques mises en garde concernant « Les mots sont des fenêtres », de Marshall Rosenberg

 Attention, cette méthode demande de la pratique et du temps. Elle ne s’utilise pas si votre intention est de dominer l’autre, d’avoir “raison” ou d’imposer une idée. Si vous voulez résoudre des conflits en 5 minutes, ce n’est pas non plus l’outil recommandé, car l’empathie demande de la disponibilité.

Enfin, ce langage est un langage du cœur et non de la raison, donc mesure avec qui tu en uses. Pour démarrer, choisis des personnes bienveillantes 😊


Si tu veux aller plus loin, côté lecture, tu peux aussi piocher dans ces livres-là :
“Cessez d’être gentil, soyez vrai” de Thomas d’Ansembourg
“L’empathie, le pouvoir de l’accueil” de Jean-Philippe Faure
“Manuel de la Communication Non Violente” de Lucie Leu

Et évidemment, va vite lire notre article sur les bases de la communication non violente, pour qu’aucun détail ne t’échappe ! Tu as déjà testé cette approche auparavant ?

Les mots sont des fenêtres, de Marshall Rosenberg : 7 outils précieux pour mieux communiquer
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2 Comments

  1. Articles très interessant et complet. Merci pour la bibliographie. Je pense que la clé de voute de notre rapport aux autres est l’Intelligence Emotionnelle. L’empathie, l »écoute, savoir prendre de la distance. Arrêter de vouloir convaincre, de vouloir changer l’autre sont les moyens de bien vivre ensemble.

  2. Article intéressant, merci ^^
    Personnellement, étudier l’hypnose me donne l’impression de devoir remettre en question énormément de choses dans la communication. C’est hyper fascinant 🙂

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