Mange, prie, aime : Roman feel good ou recette du bonheur ?

Chronique Mange, prie, aime Elizabeth Gilbert. Durant son pèlerinage autour du monde pour se remettre d'un divorce éprouvant, Elizabeth Gilbert écrit un roman autobiographique, véritable guide pour atteindre le bonheur.

En 2000, Elizabeth Gilbert, écrivaine américaine à succès, divorce. Elle perd du même coup son équilibre, son mari et tout son argent. Pour se remettre d’aplomb, elle décide d’entreprendre un voyage d’un an. Un pèlerinage de trois fois quatre mois au pays du plaisir (l’Italie), de la spiritualité (l’Inde) et de l’Amour (l’Indonésie).

Son roman Mange, prie, aime retrace cette renaissance. Plus qu’un roman feel good, c’est une véritable recette du bonheur.

Mange, prie, aime : un livre autobiographique

La genèse de Mange, prie, aime

Elizabeth Gilbert est une écrivaine américaine à succès. Mariée depuis une dizaine d’années, elle voit son couple se déliter face à son refus d’avoir des enfants. Elle veut voyager, vivre, découvrir. La maison de banlieue remplie d’enfants l’effraie. Cela ne lui ressemble pas, et peut-être même que cela ne lui ressemblera jamais.

 Ces questionnements, nombreuses sont les femmes approchant la trentaine (ou la dépassant de quelques années), qui se les posent. Elizabeth Gilbert fait le choix de détruire son mariage avec un autre homme, histoire passionnelle qui ne débouchera sur rien, sinon encore plus de souffrance.

Au bout du rouleau, plongée dans les affres d’une dépression qui s’est installée dans sa tête et dans son corps amaigri, mais aussi ruinée par son divorce, Elizabeth Gilbert décide dans Mange, prie, aime, de partir pendant un an. Il faut dire ici que son éditrice lui a versé une avance sur les droits de son futur livre à paraître, un livre racontant son périple.

La forme du livre

 Intéressée par le Bouddhisme, qu’elle part notamment explorer en Inde dans un Ashram, l’autrice pense Mange, prie, aime comme un livre en 3 parties (une partie par voyage), elles-mêmes découpées en 36 parties. Le livre est donc composé de 108 parties, comme le japa mala (collier de prière bouddhiste utilisé pour canaliser son esprit pendant la méditation) est composé de 108 perles.

Apprendre le lâcher prise en Italie

La première étape du voyage de Elizabeth Gilbert la mène en Italie et plus précisément, à Rome car elle a toujours rêvé de parler italien. Sous antidépresseurs et amaigrie par la maladie, elle commence son voyage par la guérison physique, en profitant, simplement.

Renouer avec soi

 Elizabeth n’a jamais été seule. Elle a vécu avec sa famille, avec son mari, avec son amant. Mais jamais seule. Or son principal mécanisme en amour est de se fondre dans l’autre et d’en intérioriser les désirs. À Rome, dans Mange, prie, aime, Elizabeth est seule. Elle apprend à renouer avec ses propres désirs. Qu’est-ce que je veux faire ? Qu’est-ce que je souhaite manger ? Je veux donc je suis.

Profiter

 À Rome, Elizabeth Gilbert nous montre comment elle apprend à profiter des plaisirs simples et notamment, de la nourriture. Elle va ainsi reprendre douze kilos en quatre mois – douze kilos salvateurs puisque son divorce lui en avait fait perdre sept.

Elle profite aussi de la vie, plus largement. En trois mois, elle ne médite pas, ne visite pas un seul musée (à l’exception du musée de la pâte) et ne lit pas un seul guide touristique. Pour profiter de la vie, le secret, c’est de parfois faire le vide, et se laisser guider par ses envies.

Nourrir son esprit

 À Rome, Elizabeth Gilbert n’est pas encore guérie. Sa dépression est présente, comme le montrent plusieurs moments de désespoir et de doutes, notamment quand elle cesse de prendre ses antidépresseurs.

L’apprentissage de l’italien et ses échanges avec plusieurs amis italo-américains lui permettent de faire taire cette douleur qui ne sera abordée que dans un deuxième temps, durant son voyage en Inde.

Toucher du doigt la spiritualité en Inde

Fin décembre 2001, après avoir passé Noël aux États-Unis avec sa famille, Elizabeth part en Inde. Son objectif : rejoindre l’Ashram de son gourou pour découvrir l’art de la méditation et renouer avec elle-même.

Rejoindre un Ashram

 Un Ashram est l’équivalent d’un couvent. L’Ashram que rejoint Elizabeth Gilbert dans son roman est ouvert aux Occidentaux. En plus de méditer et de se nourrir de mets végétariens, les pratiquants sont amenés à travailler pour l’Ashram en fonction de leurs capacités et compétences (Elizabeth commence par nettoyer le sol du Ashram avant de devenir une hôtesse d’accueil pour les Occidentaux qui viennent pour des séjours courts).

Chaque Ashram permet d’étudier le Bouddhisme selon les préceptes d’un Gourou. Dans le cas d’Elizabeth Gilbert il s’agit d’une Gourou. La notion de Gourou, dans la religion bouddhiste, est très différente de la conception occidentale (qui est péjorative et lie ce mot aux sectes). Le Gourou est un guide spirituel et permet d’accéder à la pleine conscience.

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Se pardonner et s’accepter

 Dans Mange prie aime, en Inde, Elizabeth Gilbert apprend d’abord à se pardonner et à pardonner à son ex-mari. Si elle a soigné son corps en Italie, elle soigne son esprit en Inde. Lors d’un rituel d’adieu, elle décide de lâcher prise et d’accepter la colère de son ex-mari. Elle lui pardonne et elle se pardonne.

Dans la seconde partie de son séjour en Inde, elle s’interroge quant à sa personne. Alors qu’elle se rêve en pratiquante silencieuse, la direction de l’Ashram lui demande de devenir hôtesse d’accueil – reconnaissant ainsi ses qualités humaines : de contact, d’empathie et d’écoute. Elizabeth comprend qu’elle ne doit pas renier ce qui fait d’elle ce qu’elle est. Elle commence à s’accepter.

Trouver “son” mot

 Si “SEXE” est le mot de Rome, quel est votre mot ? Celui qui vous définit ? Elizabeth s’interroge pendant longtemps pendant son voyage avant de le trouver : “ANTEVASIN”, “Celui qui vit sur la frontière”, en sanskrit.

Et vous quel est votre mot ? Cette notion se rapproche énormément de l’Ikigai, concept de vie japonais. Pour apprendre à savoir qui l’on est vraiment, c’est essentiel.

Aimer en Indonésie

Après huit mois de voyage, dans Mange, prie, aime, Elizabeth débarque à Bali, en Indonésie. Son objectif : retrouver un vieux sorcier qui lui avait demandé de venir, quelques années auparavant. Sur place, elle rencontre un panel de gens et Felipe, un Brésilien avec qui elle partage une histoire d’amour qui tranche avec ses histoires précédentes.

Pratiquer différentes méditations

 En Inde et à Bali, Elizabeth expérimente différents types de méditation.

  • En Inde, au sein de l’Ashram, Elizabeth pratique la méditation transcendantale  par la respiration et les mantras – Prononcer (chanter) des mantras et des strophes permet de s’élever. Elle a d’abord du mal à s’y faire et à abandonner ses pensées sur le seuil de la porte, mais semble parvenir à atteindre l’élévation.
  • A Bali, sur le conseil du sorcier Ketut, elle découvre la méditation du sourire. C’est une forme de méditation qui appelle à faire rayonner la joie intérieure et qui appelle la joie en pratiquant le sourire.
    Pourquoi ne pas vous aussi, tester ces deux types de méditation pour réussir à vous élever ?

Aimer sans arrière-pensée

 A chaque nouvelle histoire d’amour, le même schéma : Elizabeth Gilbert modèle sa personnalité sur l’être aimé au point de se fondre en lui. Au point de s’oublier. Au point aussi de devenir un gouffre à amour : en demande perpétuelle d’amour et de marques d’affection, elle se sent dans l’insécurité affective.

Comme un symbole de sa transformation, la dernière relation dépeinte dans le livre (c’est la seule relation qu’Elizabeth expérimente après huit mois d’abstinence) est une relation stable et équilibrée.


En conclusion, Mange, prie, aime est bien plus qu'une autobiographie. C'est un véritable hymne au bonheur et à l'amour de soi. L'autrice nous montre comment renouer avec soi-même dans un style léger et imagé, qui tranche avec nombre de livres sur le développement personnel. À découvrir absolument si vous voulez apprendre à vous retrouver !

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