Manger végétarien : les 7 erreurs que j’ai commises

Manger végétarien, c’est quelque chose qui vous tente? Il y a déjà quelques temps que je ressens un certain malaise avec ma consommation de viande. Pour être exacte, je n’ai jamais vraiment aimé manger de la viande, mais je le faisais parce qu’on me le demandait. Parce que je croyais que c’était obligatoire, au risque de déséquilibrer mon régime alimentaire et m’exposer à des carences.
Que faire? Longtemps, j’ai serré les dents, j’ai essayé : en cuisant énormément toutes les viandes, en ne mangeant que les parties sans un seul morceau de gras, de nerf ou de je-ne-sais-quoi de bizarre me rappelant qu’il s’agissait d’un animal mort, en ajoutant sauces et accompagnements pour en oublier l’origine première. Et puis, il y a 2 ans, j’ai pris ma décision, j’allais arrêter de manger de la viande.

J’ai tenu quelques semaines, et puis j’ai recommencé. Je n’ai pas réussi à tenir et j’ai décidé d’écrire cet article que j’aurais aimé lire à cette époque, me mettant en garde contre les 7 erreurs que j’ai commises.

1ère erreur : je me suis lancée du jour au lendemain

Je n’avais pas mesuré l’ampleur de la question, et tiré un trait définitif sur certaines habitudes alimentaires que j’avais et que j’aimais vraiment. Autant, je n’aimais pas vraiment la viande rouge, donc je n’ai senti aucune privation à ce niveau là, autant dire « au revoir » aux noix de St Jacques, ou aux nouilles sautées aux crevettes était (est) pour moi nettement plus difficile. Donc le moment venu, devant le menu au restaurant ou le plat servi, il m’était impossible de lutter.

2ème erreur : je n’avais pas assez motivé ma décision

Je savais qu’au fond de moi je ne voulais plus manger de viande, un peu par goût, un peu pour ces pauvres bêtes qui ne m’avaient rien fait, mais je n’avais pas cherché au-delà. Savoir comment sont élevés et tués ces animaux que nous mangeons, connaître les risques sur la santé que fait également courir une consommation trop importante de viande, savoir que peut-être, au fond, nous ne sommes pas omnivores, savoir que l’élevage des bœufs que nous mangeons est un désastre écologique…
Si je m’étais mieux informée sur les raisons innombrables qui justifiaient ce choix, j’aurais sans nul doute été plus motivée. Mais à l’époque, j’étais totalement « déconnectée » et ne savais même pas qu’il existait des associations, des sites, des groupes facebook, des blogs spécialisés sur ces questions.

3ème erreur : je me suis contentée d’arrêter de manger de la viande et du poisson

Manger végétarien est une décision importante… mais contrairement à ce qu’on pourrait penser, elle ne signifie pas simplement qu’on va retirer de son assiette le morceau de viande ou de poisson qui s’y trouve. Si on fait cela, effectivement, on a toutes les chances de manger déséquilibré et de manquer de certains apports essentiels. C’est pourtant exactement ce que j’ai fait. Le steak frites est devenu frites tout court, le poisson purée est devenu purée… A ce rythme là, mes assiettes sont devenues bien pauvres, bien fades. Je mangeais un peu plus d’accompagnement et de pain pour essayer de tenir jusqu’au prochain repas, mais ce n’était pas suffisant. En réalité, lorsqu’on décide de manger végétarien, il faut accepter l’idée que c’est toute son alimentation qu’on va devoir faire évoluer en s’ouvrant à de nouveaux aliments et associations que jusque là, je-parle-pour-moi, on ignorait.

Manger végétarien est une décision importante… mais contrairement à ce qu’on pourrait penser, elle ne signifie pas simplement qu’on va retirer de son assiette le morceau de viande ou de poisson qui s’y trouve.

4ème erreur : j’étais seule contre tous

J’ai pris et appliqué cette décision complètement seule, dans mon entourage, proches et moins proches réunis. Je ne connaissais personne à qui parler de cette décision, avec qui échanger sur ce qui m’attendait ou pas, sur mes progrès, mes difficultés. J’ignorais qu’il y avait une véritable communauté de végétariens – végétariennes qui traversaient les mêmes épreuves. J’étais isolée au milieu d’un groupe de carnivores assumés! Difficile dans ces conditions de garder la motivation et de rester sûre de son choix.

Garder la motivation pour changer dans le sens de ce qui compte pour nous, c’est la raison d’être du challenge que j’ai créé en juillet 2015. challenge qui compte aujourd’hui plus de 3000 participantes satisfaites 🙂

Manger végétarien
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5ème erreur : je ne m’étais pas assez informée

Lorsqu’on commence à manger végétarien, il y a plusieurs étapes à franchir. Sa volonté, son équilibre alimentaire, les autres. Vaste sujet que les autres! Quand on annonce une telle décision, les autres sont rarement enthousiastes, mais au contraire s’empressent de trouver des failles dans notre raisonnement qui relèvent parfois de la mauvaise foi 🙂 Pour garder le cap, il vaut mieux être armée et s’y préparer!
« Parce que manger un légume, ce n’est pas le tuer? » « Euh…. »
« Et la culture du soja, ce n’est pas un massacre écologique? » « Ah bon?.. »
« Tu vas manquer de fer, de protéines… » « Tu crois?… »
Bref, avant de prendre et annoncer une telle décision, il faut s’informer. Pour ne pas faire d’erreurs, pour garder la tête haute lorsqu’on est assaillie de questions critiques, et pour rester confiante en sa décision.

6ème erreur : je ne faisais pas à manger

A l’époque, je me « nourrissais » mais je ne préparais pas vraiment à manger. J’avais totalement externalisé cette partie là de mon quotidien, je laissais les autres faire pour moi sans réfléchir (restaurants, plats préparés, salades toutes faites, légumes surgelés…).
Je ne m’intéressais pas du tout à l’alimentation, je ne prenais pas le temps de cuisiner, je ne me sentais étrangement pas concernée. Je n’avais pas fait le lien entre ma nourriture et mon bien-être (et je ressens la différence aujourd’hui!). Et je suis convaincue que pour réussir à manger végétarien, il faut s’informer et s’investir d’avantage dans la préparation de son assiette. Tout du moins durant la phase de mise en place de ce nouveau régime.

7ème raison : je n’arrivais pas à dire non

Pression sociale, encore! Ça a été un des gros obstacles de ce premier échec (et à nouveau un sujet dans cette nouvelle tentative que je fais aujourd’hui en relevant le défi végétarien des filles zen). Invitée chez des amis ou dans la famille, je n’arrivais pas à dire « non ». « Non, je ne veux pas de viande ». « Non, pas de viande blanche non plus. » « Si, le poisson, c’est de la viande ».

Je n’avais pas envie de vexer les hôtes qui m’avaient préparé cela. Et je n’avais pas non plus envie de devoir me justifier et répondre aux questions (et critiques) que cela ne manquerait pas de susciter. Alors bien vite j’ai cédé. D’abord avec le poisson. Ensuite avec la viande. Et que dire des repas de fêtes lorsqu’on vit dans une famille qui aime la viande et qu’on n’en mange plus? Ce n’est plus vraiment une fête dans l’assiette:-)


Voilà, je crois avoir compris les principales raisons de mon premier échec, et réussir ma seconde tentative! J’espère que cet article aidera des débutantes en végétarisme à surmonter ces épreuves… car pour avoir beaucoup échangé avec d’autres végétariennes, nous avons toutes rencontré ces mêmes difficultés… Mais avec les sites d’informations, les blogs, les forums, les communautés, les restaurants qui désormais se passionnent pour notre santé, pour l’écologie et la cause animale, j’ai confiance. Nous serons de plus en plus informées, la pression sociale sera de moins en moins forte. Notre choix sera plus facilement respecté.

Alors bon courage à vous, si telle est votre décision!

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12 Comments

  1. Merci pour tous ces bons conseils ! je pense également qu’on ne devient pas végétarien sur un coup de tête sans une bonne réflexion…
    Belle journée 🙂

  2. Bonsoir,
    Pour moi cela a été un échec : je n’ai pas fait l’impasse sur le poisson et les produits laitiers 🙁 sur la page Facebook j’ai vu les exemples inspirants de menus végétariens. Comment cela s’est passé avec les enfants et le conjoint : tout le monde a fait le défi ?
    Merci pour tout ce processus de changement et de création d’une personne plus en adéquation avec notre moi intérieur semaine après semaine.

    1. Les produits laitiers ne sont en rien exclus d’une alimentation végétarienne, mais uniquement d’une alimentation végétaLienne. Vous n’avez donc pas tant échoué que cela =)

  3. Bonjour,

    Si toutefois tu voudrais relever à nouveau ce défi, l’association végétarienne de France a mis en place une plateforme pour celles et ceux qui voudraient se mettre au végétarisme : recettes, accompagnement personnalisé avec une diététicienne, forum…Autant de choses qui aident à se lancer : http://www.defi-veggie.fr/ … Moi-même végétarienne depuis 20 ans et végétalienne depuis 2 ans, je reconnais que cela aurait été un outil formidable à l’époque ! Bravo pour ce témoignage !

  4. Bonjour Mylène,
    Merci beaucoup pour ton témoignage très honnête, et quel courage, ce n’est pas toujours facile de parler de ses échecs. Je pense sincèrement qu’il sera du plus grand intérêt pour toute personne souhaitant devenir végétarien.
    Si cela peut rassurer des personnes qui souhaitent se lancer, n’oubliez pas que le début est toujours plus dur car on doit changer ses habitudes mais par la suite c’est un réel bonheur. Je suis végétarienne depuis un peu moins d’un an, et pour rien au monde je mangerai de nouveau de la chaire animale. Croyez moi, ca vaut le coup de s’accrocher dans les moments difficiles 🙂

  5. Salut ! J’ai 20 ans et je suis végétarienne depuis maintenant 6 ans. Je voulais te faire part de mon expérience pour que tu aies des points de vue différents sur le sujet 🙂
    Alors tout d’abord je n’ai jamais aimé la viande, ni le poisson, ni les fruits de mer. J’en mangeais à la cantine petite parce qu’on me forçait, mais je n’appréciait pas du tout. Pour te dire, les seules viandes que je mangeais avec « plaisir » était le poulet (et encore, que le blanc), un peu de charcuterie très très sèche, et du steak haché sur-cuit ^^ Mais rien que d’écrire ça, ça me fait mal au ventre !
    J’ai arrêté du jour au lendemain, en été. Bien sûr au début j’ai pas vraiment fais attention aux conséquences, et j’ai commencé à perdre des cheveux en masse, même si au final mon régime alimentaire n’avait pas trop changé puisque je ne mangeais que peu de viande. Au final j’ai pris de la spiruline. J’en prend encore de temps en temps, mais c’est le seul complément alimentaire que j’utilise, car je trouve ça idiot d’arrêter un aliment pour prendre des cachets à la place. Aujourd’hui je me porte très bien, je cuisine, je fais attention. Mon copain avec qui j’habite mange de la viande, mais nous ne faisons pas deux plats à chaque fois, on s’adapte, il prend une part de protéine de moins que moi vu qu’il a la viande. Je ne mange pas de tofu, ou aliments déjà tout prêts pour végétariens, je mange beaucoup de légumineuses déclinées sous plusieurs formes (pois chiche -> houmous; haricots rouge -> galettes; lentilles vertes et corail…) et beaucoup de céréales (quinoa, boulgour, polenta, riz, semoule…). Bref je varie, j’aime avoir des choses différentes dans mon assiette ! Après bien sûr il y a des jours où, comme tout le monde, je n’ai pas envie de cuisiner, et dans ce cas je fais des pâtes ! Mais j’ai un régime végétarien et non végétalien, ce qui me permet de faire des écarts de temps en temps sans grandes conséquences pour mon organisme 🙂
    En espérant t’avoir aidé à faire de nouveau un pas vers le chemin du « sans-viande » ! Tu verras à la longue, la viande ne te manqueras plus, et c’est une très belle expérience je trouve 🙂

  6. Merci pour cet article Mylène que je trouve très juste. Ne plus consommer de viande et de poisson rentre dans une démarche plus large, manger mieux et sain. On s’emballe souvent sans bien définir nos objectifs et on se sent vite dépassé par les évènements.
    Pour ma part, je ne souhaite pas arrêter la consommation de viande et de poisson, mais je diminue doucement, dans un désir de manger plus consciemment.

  7. une autre difficulté , entraîner toute sa famille dans ce changement pas toujours facile avec des ados accros aux hamburgers!
    De plus, trouver des recettes complètes qui ne prennent pas trop de temps de préparation car on a peu de temps disponible. Moi, j’essaie de mettre tout le monde à contribution pour éplucher les légumes par exemple.
    J’adopte la soupe (en grande quantité ça fait 3 dîners); j’ ai aussi trouvé une recette de pâtes qui met tout le monde d’accord ( faire revenir des champignons avec un oignon et des tomates en boîte, ajouter du parmesan et des dés de cantal ou gruyère, mélanger avec les pâtes cuites préalablement: c’est très très bon)
    En tout cas, merci ça faisait quelques mois que je tournais autour de cette idée (d’abord un jour par semaine, puis deux mais jamais une semaine entière) avec vous j’ai sauté le pas et je me sens vraiment bien.

  8. Oui, c’est une bonne analyse que tu fais là ; je pense que cela va bien t’aider a continuer ce qui est ton choix, motivé par de très bonnes raisons et bénéfique pour toi et pas mal d’autres êtres vivants. On est avec toi, je suis avec toi, tous les végétariens conscients sont avec toi. Welcome ! (même ceux qui ne sont pas sur Facebook… 😉

  9. Très juste ! Le végétarisme est rarement une décision qui s’assume du jour au lendemain. Si vous le souhaitez il existe un excellent groupe végétarien sur facebook où nous échangeons des recettes : Un diner végé. 🙂

  10. Merci beaucoup pour ce défi. Personnellement, je trouve qu’une semaine, c’est trop court 😉
    J’ai donc réussi à convaincre mon mari qu’à la maison, ce serait végétarien la semaine et viande de qualité le weekend (ou invitation sans avoir besoin de me justifier)
    Dans un 1er temps, ça simplifie les choses. Ca me permet d’expérimenter un peu, de trouver de nouvelles idées et de ne pas avoir besoin de me justifier face à l’entourage.
    Mais, je me rend compte d’une évolution non prévue : la viande ne me manque pas de tout, mais surtout, j’en ai de moins en moins envie. Je me considère donc en période de transition : végétarien dans-la-mesure-du-possible (donc, chez les amis carnivores ou au restaurant, je m’autorise des extras) Cette méthode en douceur me convient pour l’instant, mais est plus difficile à expliquer à l’extérieur.
    BRAVO pour le chemin que tu as choisi.

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