L’intelligence émotionnelle de Daniel Goleman

L’intelligence émotionnelle de Daniel Goleman est un livre publié en 1995, qui décrit l’importance de cette intelligence dans notre équilibre de vie. Découvrez comment ce livre peut

A cheval entre l’essai scientifique et le livre sur le développement personnel, L’intelligence émotionnelle de Daniel Goleman, est un livre qui a le mérite d’interpeller.  Publié en 1995, il présente l’intelligence émotionnelle, une intelligence différente qui n’a pas sa place dans l’éducation classique.

Cette dernière régit la relation entre nos émotions et nos sentiments, mais aussi notre capacité à créer des liens avec les autres. En cela, l’intelligence émotionnelle – différente de l’intelligence calculée par le QI – pourrait être assimilée à l’intelligence du bonheur. Découverte d’un livre et d’un univers étonnant !

L’intelligence émotionnelle, c’est quoi ?

 A l’opposé du sacro-saint quotient intellectuel (QI), il existerait, d’après Daniel Goleman, une autre forme d’intelligence.

QI VS intelligence émotionnelle

 D’après Daniel Goleman, la limite du QI est qu’il néglige une part essentielle du comportement humain : les réactions émotionnelles (envers soi-même et dans la relation aux autres). 

L’un des secrets de Polichinelle de la psychologie est que, contrairement aux idées reçues, les diplômes, le QI et les concours ne permettent pas de prédire de manière certaine qui réussira dans sa vie. […] Parmi les facteurs dont dépend la réussite dans la vie, le QI représente au mieux 20%. – Daniel Goleman, L’intelligence Collective.

Parmi ces autres facteurs, l’origine sociale, l’hérédité et la chance comptent pour beaucoup. Mais pas seulement. Ce qui intéresse Daniel Goleman, ce sont les autres caractéristiques de la personnalité, les caractéristiques sociales / émotionnelles. C’est ce qu’il appelle l’intelligence émotionnelle.

L’intelligence émotionnelle de Daniel Goleman

 L’intelligence émotionnelle est un concept proposé en 1990 par les psychologues Peter Salovey et John Mayer, qui réfère à la capacité de reconnaître, comprendre et maîtriser ses propres émotions et à composer avec les émotions des autres personnes. Elle est proche du concept d’intelligence sociale. C’est Daniel Goleman qui rend la notion populaire en publiant son livre L’intelligence émotionnelle en 1995. Depuis, de nombreux articles et revues lui ont été consacrés.

Les marqueurs de l’intelligence émotionnelle

D’après Daniel Goleman, l’intelligence émotionnelle, c’est :

  • L’empathie (la capacité à ressentir les sentiments d’autrui, surtout ceux qui ne sont pas verbalisés)
  • L’aptitude à se motiver ou à persévérer dans l’adversité
  • Maîtriser ses pulsions et attendre avec patience la satisfaction de ses désirs
  • La capacité de conserver une humeur égale
  • La capacité d’espérer un avenir meilleur et de faire preuve d’optimisme

Enfin, l’une des caractéristiques de l’intelligence émotionnelle, par rapport au QI, est d’être modifiable : il est possible de travailler ses compétences émotionnelles et sociales – c’est même le cœur du livre de Daniel Goleman : comprendre et amplifier cette intelligence émotionnelle.

La limite de L’intelligence émotionnelle de Daniel Goleman

 Daniel Goleman (site de l’auteur en anglais) est un psychologue américain, docteur en psychologie clinique et développement personnel. Journaliste au New York Times, il suit particulièrement les sciences du comportement. A la croisée entre différents champs d’expertise, il rédige plusieurs livres qui sont érigés au titre de best-sellers. L’intelligence émotionnelle est l’un d’eux, mais il en a écrit d’autres sur le sujet par la suite.

Avant d’aller plus loin sur l’intelligence émotionnelle et dans cette chronique, il me semble important de préciser ici qu’il faut prendre le livre de Daniel Goleman pour ce qu’il est : un livre de développement personnel. Et non, comme cela peut être indiqué dans les librairies, un livre scientifique.

En effet, les réflexions scientifiques qui y sont proposées sont contestées. Soit parce qu’elles souffrent de raccourcis, soit parce qu’elles s’appuient sur des études qui sont non complétées voire non complétables. Il est ainsi difficile de mesurer des concepts tels que la persévérance ou la motivation… 

Si le sujet vous intéresse, il peut être intéressant de compléter la lecture de L’intelligence émotionnelle par les œuvres de Mayer et Salovey dont le travail consiste à approfondir les recherches sur cette notion.

L’intelligence émotionnelle de Daniel Goleman est un livre publié en 1995, qui décrit l’importance de cette intelligence dans notre équilibre de vie. Découvrez comment ce livre peut
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L’intelligence émotionnelle, l’intelligence du bonheur et de la réussite ?

 Si le QI échoue à anticiper notre capacité à vivre heureux, l’intelligence émotionnelle serait, d’après Daniel Goleman, bien plus déterminante. Il donne ainsi plusieurs exemples dans lesquels l’intelligence émotionnelle permet de mieux se tirer de situations de vie compliquées. Pour aller plus loin sur cette thématique, retrouvez notre article sur l’intelligence émotionnelle.

La conscience des sentiments au cœur de l’intelligence émotionnelle

 Ce conseil est un “classique” du développement personnel : se connaître soi-même et reconnaître les émotions et les sentiments que l’on éprouve est à la base de toute réflexion sur soi. Mais d’après Daniel Goleman, il existe une différence entre être conscient de ses émotions et vouloir agir sur ces dernières. A partir des travaux d’un autre psychologue, John Mayer, il cite trois types de personnes face aux sentiments.

Ceux qui ont conscience d’eux-mêmes : Ces personnes font naturellement preuve d’une certaine subtilité dans leur vie affective. La connaissance de leurs propres émotions sous-tend parfois d’autres traits de personnalité : ce sont des gens indépendants, en bonne santé psychologique, qui ont le sens de la mesure et, en général, une conception positive de la vie. Lorsqu’ils sont de mauvaise humeur, ils ne la remâchent pas à n’en plus finir et sont capables de s’en défaire rapidement ; 

Ceux qui se laissent submerger par leurs émotions. Ils ont souvent l’impression de ne pas pouvoir échapper à leurs émotions, comme si elles prenaient le commandement. Ils sont versatiles et n’ont guère conscience de leurs sentiments, de sorte qu’ils s’abîment en eux et perdent toute distance. En conséquence, ils ne font pas grand-chose pour se défaire de leur mauvaise humeur et ont souvent le sentiment de ne pas contrôler leur vie affective.

Ceux qui acceptent leurs dispositions d’esprit. Tout en ayant souvent conscience de ce qu’ils éprouvent, ils ont tendance eux aussi à ne rien faire pour y remédier. Il semble que cette catégorie se subdivise en deux : d’une part, les personnes généralement de bonne humeur et donc peu enclines à modifier leur état ; d’autre part, celles qui, en ayant conscience de leurs sautes d’humeur, les acceptent et ont tendance à s’y laisser aller et à ne rien faire. Cette tendance se rencontre souvent chez les dépressifs, résignés à leur désespoir.

De quelle catégorie vous sentez-vous le plus proche ?

Utiliser l’intelligence émotionnelle pour vaincre ses émotions négatives

 Dans son livre, Daniel Goleman livre quelques outils pour vaincre ses émotions négatives et notamment, la colère, l’anxiété et la mélancolie. Il démontre notamment comment se laisser porter par ses émotions peut être négatif.

Gérer la colère

La colère est une émotion négative qui ne fait que monter en régime. Une fois déclenchée, la colère se nourrit de tout et de rien. Pire, d’après l’auteur de « l’intelligence émotionnelle », la colère se nourrirait des pensées négatives. En d’autres termes, rabâcher sa colère ne ferait que… l’amplifier. C’est pourquoi, selon lui, il ne faut pas se laisser aller à la colère. Si cela peut soulager sur l’instant, cela n’aurait aucun effet bénéfique. 

Pour gérer sa colère et la dissiper, deux solutions : 

  • La désamorcer au tout début du processus en apportant un autre regard sur la situation : non, cette personne ne voulait peut-être pas me blesser ou me faire du mal en me disant cela. Peut-être a-t-elle tout simplement été maladroite ?
  • La digérer dans un lieu propice à la relaxation et au repos. Aller marcher peut aider à dissiper une émotion négative – à condition de ne pas ruminer la colère, ce qui reviendrait à la faire grandir à nouveau.

Gérer l’anxiété

Comme la colère, l’anxiété est une émotion qui a la particularité de s’auto-entraîner. J’ai particulièrement été touchée par cet exemple donné par Daniel Goleman évoquant le cas d’une anxieuse chronique à qui on avait demandé de décrire l’anxiété : 

Je crains de ne pas le faire convenablement. Cela risque d’être si artificiel que cela ne reflétera pas ce que j’éprouve réellement, et c’est cela qui compte… Si je n’arrive pas à exprimer ce que j’éprouve au fond, je ne me sentirai pas bien et ne serai jamais heureuse.

Ou comment passer en deux-trois sauts d’idées à cette affirmation finale “Je ne serai jamais heureuse”. 

Pour gérer l’anxiété, le premier pas est la fameuse conscience de soi évoquée un peu auparavant. Mais pas seulement. Selo Daniel Goleman, l’anxieux doit aussi s’attaquer aux schémas de pensées anxiogènes qui se répètent et créent l’anxiété. Voilà les quelques questions qu’il faut se poser pour désamorcer l’anxiété :

  • Le risque que l’événement tant redouté se produise est-il réellement important ?
  • Existe-t-il la moindre manière de parer à cette éventualité ?
  • Est-il vraiment utile de remâcher sans cesse ces pensées inquiètes ?

Vaincre la mélancolie

La tristesse est une autre émotion que l’intelligence émotionnelle peut adoucir. De même que les deux émotions précédentes, s’y adonner a tendance à l’entraîner et à la faire durer plus longtemps. Pour abréger la tristesse et éviter de sombrer dans un schéma de pensées destructrices, l’idée est à nouveau de distraire son esprit et de lui donner autre chose que de la tristesse à manger. Sortir et continuer à voir des gens est, selon Daniel Goleman, la meilleure façon de dépasser cette sensation de tristesse.

Besoin d’aller plus loin sur le sujet ? Découvrez notre article Tristesse, 5 astuces pour s’en sortir.

Et si vous sentez qu’il est temps de mettre de la distance avec ces émotions qui peuvent parfois vous freiner, vous pouvez suivre ma conférence gratuite en ligne : j’y parle des clés pour vivre une vie que vous ressemble. Une vie où la mélancolie, l’anxiété et la colère n’ont pas le contrôle sur votre quotidien. Pour vous inscrire, c’est par ici.


L’intelligence émotionnelle de Daniel Goleman est un livre étonnant qui m’a marqué et m’a amenée à m’interroger sur ma propre conception de l’intelligence.

Comment envisager qu’une seule note de mathématiques à un examen puisse classer une personne pour toute la durée de sa vie ? Comment accepter qu’un nombre 98 / 125 / 67 puisse à lui seul englober toutes les capacités d’une personne ?

La notion d’intelligence émotionnelle est rassurante tant elle apparaît logique : il est évident que notre façon d’entremêler nos émotions et nos sentiments a un impact sur notre bonheur. 

L’intelligence émotionnelle de Daniel Goleman
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1 Comment

  1. Bonjour
    Et merci pour cet article qui tombe à point nommé. J’ai acheté ce livre il y a un moment de ça sans pouvoir l’ouvrir et je l’ai remis au dessus de la pile il y a très peu de temps.
    Ce qui m’interpelle, en tous les cas dans l’article, c’est la description des émotions négatives et justement leur vision négative telle que je la comprends. J’ai eu la chance d’assister à une conférence de Christophe André qui a donné une tout autre approche des émotions dites “négatives” et qu’a contrario il était nécessaire et très utile de les exprimer car elles mettaient en lumière une problématique. A partir de ce moment-là, il était possible de s’atteler à régler cette problématique.
    Bien sûr, s’empêtrer dans les émotions négatives est néfaste à long terme mais elles ont un réel intérêt à court terme 🙂
    @u plaisir

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